L’importance historique et culturelle du monastère de Dzagzel ne peut être comprise sans connaître l’aura que Patrül Rinpoché, son fondateur, eut sur tout le Tibet au 19e siècle. En effet, Patrül Rinpoche, qui naquit en 1808 dans les alentours du monastère de Dzagyel, était connu dans tout le Tibet pour son érudition, sa réalisation et pour la simplicité du mode de vie qu’il adoptait. En effet, il n’eut jamais ni maison ni monastère et se comportait à tel point comme les gens ordinaires que personne ne le reconnaissait quand il voyageait. Il composa de très nombreux textes dont « Le chemin de la Grande Perfection », qui est encore aujourd’hui un manuel de référence pour les pratiquants bouddhistes de toutes les écoles et est régulièrement enseigné et commenté par Sa Sainteté le Dalaï Lama.


Ainsi, le monastère de Dzagyel, dont les fondations furent posées du vivant de Patrül Rinpoché et sous son impulsion, est très important dans le cœur de tous les habitants de la région. Malheureusement, il fut entièrement détruit par l'armée chinoise lors de la dite « Révolution culturelle ». Puis, il y a dix-huit ans de cela, dès qu'ils en obtinrent l'autorisation, les habitants de la vallée se sont empressés de le reconstruire tant bien que mal sur les fondations même de l’ancien temple.

Aujourd’hui, ce temple est en très mauvais état malgré son imposante beauté vue de l’extérieur. En effet, cette région du Tibet est extrêmement pauvre. Située à plus de quatre mille mètre d'altitude, il n’y pousse que de l’herbe et l’élevage des yaks est l'unique moyen de subsistance de la région. Le bois, par exemple, est une denrée inexistante qu’il faut faire venir à grands frais pour pouvoir envisager toute construction ou rénovation. Ainsi, les efforts de la population locale pour maintenir en état ce monastère sont aujourd’hui insuffisants et le temple a besoin de travaux de rénovation considérables. Étant donné sa richesse historique, les habitants souhaitent rénover le temple existant plutôt que d'en construire un autre plus moderne en détruisant celui-là.



Le temple n’a pas résisté à l’usure du temps et des imtempéries. En effet, alors que la région est couverte de neige durant près de huit mois par an, les murs et le toit comptent de nombreuses ouvertures où s’infiltrent les oiseaux, la pluie et la neige. L’état de détérioration est tel qu’il tombe parfois des morceaux de bois et de terre du plafond, blessant même un moine l’année dernière. Ainsi, ce temple est aujourd’hui un émouvant mélange de splendides décorations et objets sacrés traditionnels et de signes très clairs d’un état de délabrement très sérieux de celui-ci.



Le muret qui entoure le monastère est entièrement fait de pierres sur lesquelles des prières ont été sculptées à l’époque de Patrul Rinpoché et sous son impulsion.

Ces petites maisons de fortune qui entourent le monastère sont les habitations des moines, qui y vivent par trois ou quatre. L’état de ces maisons est également très mauvais, mais les moines ont insisté pour que ce soit le temple qui soit rénové en premier.



 

 
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